
Biographie
Entre 1980 et 1982, je me
forme à la proportion en tant qu’autodidacte sur
le modèle vivant à San Francisco, USA, où
je réside à l’ époque. Ville aux multiples
facettes qui m’enchante toujours autant. Je continue ma
formation artistique au département d’art du City
College de San Francisco entre 1982 – 1984 et de 1991 à
1993. Je reviens à Paris en 1994 où je vis et travaille
actuellement. Pendant de nombreuses années, j’utilise
différentes matières et supports, que je caractérise
comme une période d’apprentissage.
Ce n’est qu’en
1997 que mon approche artistique devient une « nécessité
intérieure » pour utiliser les mots célèbres
de Kandinsky et avec elle, le désir de le faire assidûment
au quotidien..
A ce moment là, le
pastel devient la matière dominante de mon travail et avec
lui, la couleur. Jusqu’en 2000, j’approche les natures
mortes d’une manière tout à fait personnelle
avec trois styles très différents. Le premier style
que j’appelle « fonds géométriques »
où la forme des objets s’intègre dans une
perspective imaginaire de carrés ou de triangles qui s’harmonisent
dans les intensités de couleurs. Les « fonds
noirs » où je joue avec la lumière qui
tombe sur les objets, sorte de clair obscur « caravagesque »,
lumière de la vie sans laquelle nous retournons dans les
ténèbres, représentées par le noir
du papier. Et les natures mortes aux touches « cézaniennes »
où chaque intensité de couleurs froides et chaudes
va avoir une incidence sur la composition générale.
Ces trois styles ont été exposés l’année
2000 au Sofitel Saint-Jacques, Paris 14è.
En 2000, la rencontre avec
le grand portraitiste anglais Ken Paine, bohème génial
dont la force de travail me fascine, me permet d’aller plus
loin dans cette quête, qui se veut en questionnement après
la dernière exposition. Pour lui, l’art c’est
la vie et comme elle, il doit se vivre avec intensité,
passion et lâcher-prise. Il faut toujours aller plus loin
« go for it » me dit-il. Il sait que je peux
l’entendre. Et je vais aller dans cette direction car je
sens que les choses doivent bouger. Cette transition passe par
un retour au nu mais cette fois avec des poses plus dynamiques
qui m’amène petit à petit, à partir
de 2001, aux portraits qui vont se développer jusqu’à
ce jour avec suggestion rapide du buste, expression du portrait
plutôt que « rendu final », où
l’approche va, je pense, bien au-delà du visible.
En 2003, contrairement aux
premières natures mortes aux formes géométriques,
un style plus libre que j’appelle « constructions
lyriques » apparaît. La dynamique de ce style
rappelle quelque part la danse et la musique que j’aime
particulièrement. Il me permet une plus grande dynamique
gestuelle. Les couleurs et les formes se découpent au fur
et à mesure du tracé de la ligne, pour laisser entrevoir
objets, visages, ou fleurs etc… ou parfois tout simplement
laisser les couleurs se « parler » entre
elles au rythme de cette ligne tout en courbe qui les délimitent.
En 2005, je sens la nécessité
de reprendre les tubes et les pinceaux laissés de côté
il y a une dizaine d’années. C’est alors que
l’amour des mélanges sur la palette me reprend. Je
ressens alors une plus grande liberté, ce « lâcher-prise »
tant attendu par le maître anglais. J’ai la sensation
que ce dernier style est un amalgame de toute cette recherche
précédente où suggestion de formes connues,
écriture, géométrie se confondent avec l’abstraction
ou permette à cette dernière de s’exprimer
librement au gré des couleurs qui se juxtaposent.
Couleurs, formes, harmonie,
rythmes/mouvements ne sont-ils pas les éléments
essentiels qui font la force d’une œuvre artistique…
mais cela d’autres artistes l’ont dit bien avant moi.

Critiques
"Sous
l'effet de la surprise dans laquelle me plonge l'oeuvre
de N. M. Mathieu, je n'arrive pas à livrer par
les mots l'ensemble des émotions esthétiques
qui s'éveillent en parcourant cette belle et riche
exposition. C'est avec enthousiasme que je dis à
l'artiste surtout n'arrêtez pas dans cette féconde
recherche". Mme Médioni- Paris 2003
Si l'oeuvre
de N. M. Mathieu, peintre et pastelliste, peut paraître
dans son écoulement structurel, discontinue, empruntée
de multiples voies, passant de la figuration à
l'abstraction, elle me semble toujours témoigner
cependant de l'activité d'un oeil intérieur
attentif à la continuité et au secret des
choses. Une oeuvre créée dans la curiosité
et l'expérience de multiples mouvements, de quête
et de regards: départ vers le nouveau monde, San
Francisco, et la découverte d'une identité
créatrice; arrivée aux sources spirituelles
d'une filiation identitaire à l'Ile Maurice...
va et vient de la mer et du soleil. Elle dessine son champs
- ainsi que l'écrit si bien Francis Ponce, s'aventure
telle "Alice aux pays des merveilles" avec le
sourire du chat, sans le corps du chat, vers un univers
où la matérialité parfois disparaît
lentement pour ressurgir vitale et colorée, afin
de nous rappeler notre exigeante et délicate présence
au monde. Jacqueline Delaunay-Hologne, Critique et photographe
d’art – 2004